Mercredi 30 janvier 2008
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Le projet Euro-Méditerranéen est né il y à seize ans à Barcelone. À l’époque, il avait suscité beaucoup d’espoirs parce que,
pour la première fois, l’Union européenne et tous les pays riverains de la méditerranée (à l’exception de la Lybie) se sont efforcés de penser les termes d’une stratégie de long termes pour
l’ensemble de la région. Cette conférence marquait donc un tournant a priori décisif par rapport a tout ce qui avait pu se faire auparavant : Il ne s’agissait plus d’aborder – le plus
souvent de manière bilatérale – une question particulière, aussi importante soit-elle, mais bien de tenter une approche globale des principaux problèmes concernant les sociétés méditerranéennes.
Le processus de Barcelone avait ainsi pour ambition de créer une zone de paix et de stabilité reposant sur des principes fondamentaux tel que le respect des droit de l’homme et de la
démocratie, de construire un espace de prospérité partagé par l’instauration progressive et régulé du libre-échange et de contribuer à une meilleure compréhension mutuelle des peuples de la
région, notamment en encourageant les sociétés civiles à multiplier les échanges et les initiatives.
Autant dire que ce processus, malgré un certains nombre d’ambigüités, pouvait apparaitre comme un projet politique de grande envergure à
la mesure des défis que cette région devait affronter.
Seize ans après, force est de constater que le bilan est très décevant dans tous les domaines. Les grands discours, les bonnes
attentions ne suffisent pas à relancer de manière forte et crédible ce processus dont tout le monde s’accorde à dire l’importance vitale pour le développement de la région dans les années à
venir.
Les raisons de cet enlisement-exploré en détails dans ce dossier qui réunit des spécialistes de disciplines et d’horizons divers sont
évidemment multiples et complexes. Le fait même que ce projet tende à être global pour concerner 27 états et leurs sociétés civiles suffit déjà à se faire une idée de l’extrême complexité de sa
mise en œuvre que ce soit dans le domaine de la politique, économique ou culturel. Parmi les multiples conditions nécessaires à sa construction, il fallait à la fois une forte détermination
politique et un environnement régional stabilisé sinon vraiment pacifié. Or on peut s’interroger sur la détermination politique des européens comme sur celle de chacun des autres partenaires
méditerranéens. Comme sur presque tous les sujets de politique extérieure, les 27 ont le plus grand mal à vouloir ensemble et plus encore à vouloir agir de concert. Ils ajustent leurs positions
en prenant bien soin ensuite de gérer les orientations arrêtées en commun au mieux de leurs intérêts nationaux forcément contradictoires.
Entre la France ou l’Espagne d’un coté et l’Allemagne ou le Royaume Uni de l’Autre, il y a d’évidentes oppositions qui correspondent à
des visions stratégiques profondément différentes.
Quant aux pays du sud de la méditerranée ils ont leurs propres priorités qui peuvent être bien éloignées des objectifs affichés et
pourtant acceptés du processus de Barcelone.
L’Union méditerranéenne s’annonce pleine d’obstacles et de difficultés. Les politiques qui vont y participer au plus haut niveau se doivent de tout
faire pour insuffler une nouvelle dynamique au projet Euro-méditerranéen. Ils n’y parviendront que si ils prennent aussi en compte les multiples propositions élaborées par les représentants des
sociétés civiles, sans l’active participation desquelles ce projet n’aura pas d’avenir, c’est avec elles qu’il faut le réinventer.
Par CRFEM
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